jeudi 5 juin 2014

E... comme Elégance

A peine finalement si l'on y fait attention, mais la mode et les vêtements que portaient nos ancêtres sont aussi, non seulement des marqueurs sociaux, mais aussi des témoins précieux de leur histoire et de précieux alliés pour dater une photo... même récente.

Qui n'a pas, en lorgnant sur un cliché des années 1970 ou 1980, esquissé un sourire sur son sous-pull orange en acrylique qui gratte ou sur un t-shirt jaune fluo de 1982...

Voici pêle-mêle quelques photos qui illustreront mon propos à travers celles dont je dispose. Les coiffures aussi sont symptomatiques de ces époques.
Comme celle de mon arrière arrière grand-mère, Emma Louise Parrot, morte en 1895 (quelques mois après avoir posé pour cette photo), on remarquera la robe mais aussi la coiffure avec la natte enroulée au-dessus de la tête.


Quelques années plus tôt, une autre arrière arrière grand-mère, Virginie Amstutz épouse Graff, sans doute vers 1890 :


La même fin 1915, la robe est toujours stricte mais la coiffure a changé :


Passons aux hommes de cette fin de XIXe et début XXe siècle. Cette photo a été prise à Montbéliard (25) devant l'Hôtel de Mulhouse, aux alentours de 1905. Canotiers et cravate pour les uns, col simple et casquette pour les autres. J'y reconnais mon arrière grand-père Alfred Doriot (le deuxième en partant de la droite). On savait être élégant pour faire du vélo à cette époque-là...


Passons aux années 1920 maintenant. Ce cliché a été pris à Etupes (25) dans l'actuelle rue de la Libération.
On y voit deux enfants, ma grand-mère Liliane Doriot et sa sœur Micheline. Robes simple de tous les jours. Mais aussi leur grande tante en tenue de travail avec tablier et ses deux filles (à chaque extrémité) mais aussi sa belle-fille Hélène Graff épouse de son fils Frédéric Curie, qui est vêtue du costume traditionnel du Pays de Montbéliard. Elle est en "diaichotte", ce qui signifie "jeune fille" et porte, noué autour du cou par de grands "flots" de soie : un diairi, un bonnet de velours orné de paillettes et de perles et cousu de fil d'or ou d'argent, rappelant celui que portait les paysannes. C'est, plus exactement, une "cale à diairi", le diairi désignant en fait le chignon, en patois local. Vous trouverez une représentation ici.
Une chorale folklorique locale porte le nom de Diairi et chante, entre autres, la chanson homonyme à écouter sur son site internet. Le groupe chante en costume traditionnel : les femmes en diaichotte et les homme en bouèbe. Vous y trouverez une galerie de photos où vous pourrez y voir les costumes sous toutes les coutures.


Toujours dans les années 1920, ce mariage de f"vrier 1922, toujours à l'Hôtel de Mulhouse de Montbéliard. Mon arrière grand-père Alfred Doriot (en haut à gauche et en queue-de-pie) et son épouse (en bas à droite) qui marie une de ses sœurs en robe très années 1920. Une mode très classe avec nœud papillon blanc et robes de soie.


Ici, mon grand-père Henri Rigoulot (au milieu) en compagnie de son frère Robert et de sa sœur Suzanne et de leurs parents Edmond et Fanny. Le cliché date du milieu des années 1930 et a été prise au Maroc où la famille s'était installée après la guerre de 14. On s'est fait tout beau pour la photo avec des costumes bien coupés pour les garçon et une jolie robe pour la petite fille. 


Quelques années plus tard, en France, Henri a bien grandi et pose avec son épouse Liliane et sa belle-mère Alice qui tient dans ses bras Claudine, sa petite-fille, qui est aussi ma mère, âgée de 14 mois.
Donc, pour un pique-nique en mai 1950 dans le Haut-Doubs... on s'habillait chic !


2 commentaires:

M'zelle Tinou a dit…

Quelle merveille d'avoir ces photos, c'est vrai que les vêtements ont beaucoup changer depuis.

Frédéric a dit…

Je regarde ces photos toujours avec bonheur, déjà parce que j'ai connu certaines de ces personnes et aussi parce qu'elles gardent un charme irréel.