samedi 21 septembre 2013

Le village de mes ancêtres est une grande ville

On imagine toujours ses ancêtres les deux pieds dans la terre, labourant sans cesse, semant avec opiniâtreté des champs difficiles à cultiver, sur la tête desquels pendait l’épée de Damoclès de la famine et des épidémies et vivant chichement au rythme des saisons dans un hameau rattaché à un village au nom improbable et perdu au fin fond de la France. Un village tellement oublié qu’il y subsisterait encore des traces, à qui saurait les voir, du passage de nos prédécesseurs portant le même patronyme : des initiales sur le linteau de la porte d’une maison en ruines ou une tombe dans un cimetière lilliputien caché dans les ronces le long d’un chemin vicinal…

C’est sans doute ce que j’imaginais. En fait, je n’imaginais pas grand-chose depuis que j’avais posé cette question à mon père : « Mais d’où est-on originaire ? » Il avait eu l’air surpris, la réponse tenait en peu de mot et sonnait comme une évidence : « D’Algérie ». Certes, mais avant ? Là, personne n’avait pu me répondre. Pensez, son arrière-grand-père était né à Blida en 1851 et était mort bien avant sa naissance. La branche « pied-noir » ne se sentait pas française au sens métropolitain du terme. Elle était d’Algérie, point barre.

Pourtant, je voulais savoir où le village d’origine des Plancard se situait et pourquoi l’un de ses représentants avait décidé de boucler ses bagages pour la grande aventure.

J’ai presque désespéré d’arriver un jour à retrouver ce bout de terre où avaient vécu mes ancêtres. Mon premier frisson généalogique je l’ai eu grâce au Minitel. Internet, n’était alors que pure science fiction… J’avais tapé dans les pages blanche mon nom, mais dans la ligne réservée au nom de la commune. Et comme par magie, j’avais découvert le village de Saint-Plancard en Haute-Garonne. Et la recherche dans l’annuaire m’avait sorti la liste de membres de la famille que je connaissais déjà et des Plancard en Bretagne. Ces réponses m’ouvraient les champ du possible et un grand terrain de jeu.

Ce n’est que des années plus tard, après avoir écarté la branche bretonne, que j’ai eu mon second grand émoi généalogique : Carcassonne écrit noir sur blanc sur un acte venant de l’état-civil d’Outre-Mer à Nantes (cf billets précédents).

Carcassonne. Une grande ville. Bien loin du petit village où le temps s’écoule lentement donc. Et pas n’importe laquelle. L’ombre des cathares et de Viollet-le-Duc y planait encore. Une ville avec une vraie histoire et dans un département dans lequel nous avions un pied-à-terre acheté par hasard des années auparavant. Mais je sais par expérience qu’il n’y a pas de hasard.


Rapidement, je me suis aperçu, à l’instar de ma famille du XXe et du XXIe siècle, que la famille Plancard était une famille en comité restreint. Et que chaque porteur du nom dans cette ville était lié aux autres. Un lent et patient jeu de construction commençait. Il m’a permis de retracer une partie de l’histoire et de retrouver les lieux où certains avaient vécu. Je me suis alors lancé à leurs trousses…

(La suite au prochain billet)

2 commentaires:

Brigitte S a dit…

Il n'y a pas de hasard, Frédéric, je pense que les généalogistes le savent tous. L'Aude et l'Algérie, ca nous en fait des points en commun, on va bien finir par se trouver un vieil oncle commun, dont on évoquera la mémoire au moment de la kemia :)
Vivement la suite :)

Frédéric a dit…

Ce sera avec plaisir !